Du refus des femmes d'être importunées et de la société qui vient…

Talou
harcelement

En écho au billet de Mapie (Anatomie de la rencontre), il m'a semblé intéressant d'expliquer — de façon plus analytique — pourquoi (à mon sens) ce qui est nommé harcèlement sexuel, ou agression sexuelle envers les femmes ne doit pas être traité de façon binaire et politique, à moins de vouloir entrer dans une nouvelle société effrayante par de nombreux aspects. Ce qui a été déclaré comme un problème majeur de société en 2017 et doit trouver — selon celles et ceux qui brandissent l'étendard de la lutte contre les #GrosPorcs — une "issue sociétale" en 2018, n'est pas un problème pouvant se résoudre comme d'autres.

Le "harcèlement" (qui n'en est pas toujours, comme nous le verrons plus loin) dénoncé, ne peut pas s'arrêter, ne s'arrêtera pas à moins que des mesures coercitives ne soient prises pour qu'il cesse définitivement. Mais nous serons alors face à un problème bien plus grand : celui du totalitarisme.

Relations hommes-femmes et rapports sexuels

Les hommes et les femmes cherchent à avoir des rapports sexuels les uns avec les autres. C'est un fait. C'est ainsi. La sexualité est une composante centrale des sociétés puisqu'elle détermine leur survie. S'il n'y a plus de sexualité, la société s'éteint. Mais, au delà du simple instinct de l'espèce, la sexualité humaine est aussi un moyen d'échanger, un mode de communication, un mode de vie. Elle est donc aussi et surtout, un mode… relationnel. La séduction vient alors s'imposer comme un élément de grande importance dans les sociétés occidentales, particulièrement celle des femmes, puisque par tradition, c'est la femme "qui attire les mâles par ses atours". Comme dans d'autres espèces.

La séduction féminine n'est donc pas une simple coquetterie de genre, elle est chargée de symboliques, de messages implicites ou parfois plus explicites. Déclarer qu'une mini-jupe qui laisse deviner la naissance des fesses — et cache à peine le pubis — est un "droit" vestimentaire, une liberté féminine qui doit être "respectée" par tous les hommes et ne peut en aucun cas jouer en défaveur de celle qui la porte, si elle se sent harcelée ou agressée par des hommes, est une hypocrisie terrible. Dangereuse. La mini-jupe est un vêtement connoté sexuellement et il a fait scandale parce qu'il était — et est toujours — utilisé à des fins sexuelles. Et comme il est (heureusement) permis pour les femmes — dans nos sociétés — de porter des vêtements à vocation d'excitation sexuelle des mâles, personne ne pense un instant à les interdire. Il est par contre très préoccupant que cet objet devienne un moyen de chantage légal pour piéger des hommes, qui, s'ils répondent à la suggestion, se voient immédiatement accusés de harcèlement, d'agression, jusqu'à pouvoir être trainés en justice.

La femme est un objet de désir dans la société

Les femmes sont des objets de désir… volontaire ou pas. L'industrie des cosmétiques, de la "beauté féminine" sont là pour le signifier. Leur rapport aux hommes est donc plus ou moins ambigü. Celles qui ne souhaitent pas être un objet de désir, en général, ne jouent pas le jeu de la séduction moderne féminine. Celles qui adhèrent à ce rapport d'objet de désir, au contraire déploient les artifices de la séduction. Le jeu est connu, entendu, normalement assumé. Comment alors concilier cette capacité à créer le désir sexuel, à le vouloir, plus ou moins, et dans le même temps refuser toute réponse masculine à cette "capacité" ? L'unique moyen est de contrôler et réprimander. Installer une règle qui indique que tout geste, attitude qui démontrerait une réponse en lien avec le désir sexuel envers des femmes par des hommes serait répréhensible et punissable. Il serait alors interdit "d'importuner", puisque toute tentative de renvoyer du désir sexuel à une femme serait — semble-t-il, et c'est la théorie des #MeeToo et #BalanceTonPorc — importunant pour la femme.

"Tu as de gros seins, j'adore ça, je vais te faire jouir toute la nuit"

La femme qui a lancé la libération de parole avec le hasthag #BalanceTonPorc est assignée en justice. Pour diffamation. Le "porc" qu'elle a balancé n'était pas son patron comme elle le prétendait, n'a jamais été en lien professionnel avec elle, et n'a procédé à aucun harcèlement si ce n'est celui qu'elle considère comme tel : une phrase à la fin d'une soirée arrosée devant un buffet de petits fours. Cette phrase est la suivante : "Tu as de gros seins, j'adore ça, je vais te faire jouir toute la nuit". La balançeuse de porcs a estimé que l'homme en face d'elle l'agressait. Les compliments sur ses seins, qui excitaient l'homme en question un peu éméché, et l'envie d'avoir des rapports sexuels avec elle et de prétendre pouvoir lui donner du plaisir ont été reçus par cette femme comme une agression. Cet homme l'a terribelement importunée. Mais en aurait-il été de même pour toutes les femmes ? Une autre femme aurait-elle pu sourire, lui répondre qu'elle était excitée par sa déclaration et sa proposition, puis partir passer la nuit avec lui ? Qui a décidé de la bonne manière d'entrer en relation pour un homme et une femme, dont l'un a du désir sexuel pour l'autre ? Des femmes ne font-elles pas la même chose que cet homme lorsqu'elles désirent un rapport sexuel avec un homme ? Dans des bars, la nuit, des femmes lancent des choses très osées à des hommes, parfois placent discrètement leur main sur la cuisse de l'homme avec qui elles discutent sans le connaître, puis vont vérifier un peu plus haut l'état qu'elles ont procuré. Elles emmènent alors des hommes coucher avec elles. Ce ne sont ni des traînées, ni des prostituées, ni des perverses : ce sont des femmes, qui vivent leurs relations sexuelles aux hommes, comme des hommes vivent leurs relations sexuelles aux femmes. Certains hommes n'apprécient pas ce type d'entrée en matière, ou n'ont pas de désir pour la femme qui tente de les séduire de façon trop directe, mais en général, ils ne créent pas un scandale national via Twitter pour dénoncer ces comportements.

Quelle règle pour écraser les relations hommes-femmes dans la société ?

Ce qui est considéré comme du harcèlement par une partie des femmes françaises ne sont en réalité que des manières directes et "peu élégantes" pour des hommes de tenter d'avoir un rapport sexuel avec une femme. Sachant que les hommes qui pratiquent ces méthodes ne vont pas continuer éternellement à entretenir ces méthodes si elles ne donnent jamais aucun résultat. Il est donc évident que des femmes sont preneuses de ces méthodes et ont des échanges sexuels avec ces hommes qui les pratiquent. Les hommes qui tentent d'avoir des rapports de manière "peu élégantes et directes", sauf s'ils tombent sous le coup d'une forme de chasse au désir sexuel politique, continueront à tenter d'avoir des rapports sexuels de cette manière. Celles qui n'apprécient pas pourront alors soit les remettre à leur place, leur signifier leur dégoût, leur rejet, ou bien entrer en relation sexuelle ou non par ce biais, ou ignorer totalement l'approche. La réalité est que le désir sexuel est vital pour une société, et que maladroitement ou non, avec violence ou pas, ce désir ne peut être contenu ou contraint. Il faut faire avec, accepter ses limites, ses errements, mais aussi ses avantages, cette liberté récente de pouvoir vivre une sexualité sans entraves. Sinon, ce qui nous pend au nez est bien plus grave que les harcèlements ou agressions.

Pour conclure, j'aimerais que les défenseurs et défenseuses du #BlanceTonPorc, pourfendeurs et pourfendeuses de "la liberté d'importuner" de Catherine Deneuve et ses 99 consoeurs, aillent — ne serait-ce qu'un mois — dans un pays de censure sexuelle religieuse comme l'Algérie, et reviennent ensuite expliquer s'ils pensent qu'une société où importuner une femme — pour avoir un rapport sexuel avec elle — est un crime, est une société qu'ils souhaitent voir émerger en France…

Une société Libre comporte toujours son lot de risques, de diversité d'approches, d'écarts de comportements, de dissidence, de déviances. Vouloir une société sans toutes ces conséquences, est en réalité vouloir une société sans Liberté. Une société totalitaire.