Il n'y a rien de mieux que l'amour véritable

Talou
amour véritable

Je leur disais :

Il n' y a rien de mieux que l'amour véritable, car il n'est pas l'amour possessif.

Il n'est pas exercé à l'endroit d'un seul et unique objet de désir. L'amour véritable est bien plus rare que l'amour. Ce n'est pas une décision ou un engagement, ni un acte de volonté. Il ne brûle pas, ne consume pas. Il est la reconnaissance profonde entre des êtres qui se laissent aller à être eux-mêmes.

L'amour véritable réunit ceux qui se reconnaissent. Ceux qui sont véritablement eux-mêmes et qui ont en commun un goût de la vie qui se rejoint. Il ne peut y avoir de crainte, de perte, de souffrance dans l'amour véritable : il n'est rien d'autre qu'un soulagement de trouver chez l'autre un égal qui nous respecte autant que nous le respectons. Mais dont nous sommes épris.

— Comment savoir reconnaître l'amour, la passion amoureuse de l'amour véritable ?

L'amour passion est univoque, il est égoïste, ne se partage pas, il emplit, il remplit, puis une fois qu'il a officié, il se vide lentement et se démasque lui-même. Il n'est qu'une projection de nos désirs, une illusion des sens, un accaparement de l'autre. C'est ainsi qu'il peut être facile à vivre, qu'il se répète à travers la vie pour ceux qui le cherchent. Il est une quête pour combler son propre vide, sa solitude. Des êtres qui n'ont pas véritablement éprouvé la souffrance, ni leurs limites peuvent facilement éprouver de l'amour. Mais pas de l'amour véritable. L'amour véritable est à l'opposé de l'amour passion parce qu'il touche seulement ceux qui sont vrais et partagent du sens dans leur vérité.

Ils demandèrent ce qu'était être vrai.

Être vrai c'est passer par tous les états, même ceux qui nous humilient, nous réduisent, nous font souffrir à l'extrême. C'est accepter d'être faible, comme fort ou d'être néant. Être vrai demande de plonger en soi et de savoir en ressortir habillé de ce que nous sommes réellement, pas de ce que nous voudrions être

— Mais l'amour véritable n'est donc pas forcément dirigé vers une unique personne comme l'amour passion ? Est-il possible d'aimer d'amour véritable plusieurs personnes à la fois ?

Oui, et ceux qui s'aiment d'amour véritable se connaissent déjà à l'instant où ils se rencontrent, ils n'ont donc aucun crainte de subir l'envie ou la jalousie. Plusieurs personnes vraies peuvent s'aimer avec une force égale. Une force qui est toujours la même, qui ne se mesure pas, puisqu'elle est basée sur la vérité des êtres. 

Il parlèrent du sexe et demandèrent ce qu'il en était du sexe dans l'amour véritable.

Aimer vraiment n'oblige à rien. La liberté de chacun des êtres qui s'aiment est le cœur de leur relation. Être épris d'amour véritable pour un être — ou plusieurs — crée du désir. Mais un désir qui s'accomplit sans enjeu, sans objectif, qui n'appelle pas de récompense ou de jugement. Il peut ne pas y avoir de sexe dans le désir entre les êtres qui s'aiment comme il peut y en avoir. Mais fréquemment, ce désir dans l'amour véritable est entier, de l'esprit comme du corps. Le sexe est alors simplement une continuation du désir, un supplément des corps aux esprits. Le sexe n'est rien d'autre qu'un partage dans la relation, il n'en est ni l'aboutissement, ni la pierre angulaire. L'amour passion place le sexe au centre de la relation, le consacre alors que l'amour véritable le vit comme une continuation émotionnelle physique du désir des êtres entre eux. 

Plus aucun d'entre-eux ne semblait savoir quoi demander. J'allais partir quand une voix demanda :

— Savez-vous comment parvenir à vivre cet amour véritable ?

Non. Il ne se décide pas. Il est simplement le fruit du hasard des rencontres. Mais il n'est offert qu'à ceux qui ne le cherchent pas, n'y croient pas, et surtout, à ceux qui ont accepté de ne jamais être autrement qu'eux-mêmes et qui ont souffert de rester eux-mêmes. Dans tous les cas, pour accéder au plaisir de vivre l'amour véritable il faut avoir connu le désespoir de la souffrance véritable… et l'avoir accepté. Pour pouvoir ensuite accueillir les autres souffrances acceptées de ceux qui devenus eux-mêmes, qui nous désirent et que l'on désire pleinement. Ceux que l'on aime et qui nous aiment… véritablement.